Dominique Cabrera et Aïssa Maïga au déjeuner du Film Français le 18 juin 2009


 

 

Comment êtes-vous arrivée sur le projet Suite noire, qui sera diffusé cet été sur France ?

DC : J’ai reçu un coup de téléphone du producteur, Alain Guesnier, qui m’a demandé si j’avais envie de travailler sur une série de films noirs pour la télévision. J’ai tout de suite dit oui car le concept était très séduisant. Il m’a envoyé six ou sept romans de a collection Suite noire des Editions La Branche, ‘t j’ai passé une partie de l’été 2007 à les lire et à me demander lequel j’avais envie d’adapter. J’ai choisi Quand la ville mord, écrit par Marc Villard, qui est une sorte d’hommage  Quand la ville dort de John Huston.

 

Qu’est-ce qui vous a séduite dans ce livre ?

DC : C’est celui qui m’a le plus inspirée : j’ai été très touchée par le personnage de Sara. Et c’est aussi le film qui m’a le plus fait peur parce qu’il aborde un sujet difficile à mettre en images : la prostitution. Mais c’est justement pour cela que je l’ai choisi.

 

Et vous Aïssa, qu’est-ce qui vous a plu dans le rôle de Sara ?

AM : J’ai beaucoup aimé la façon dont son personnage étaient dépeint dans le scénario : c’est une écriture très sèche, sans pathos, Sara ne s’apitoie jamais sur son sort, pourtant tragique. Le regard porté sur cette jeune immigrée, prostituée et tueuse, n’est jamais vulgaire. En même temps, et justement à cause de cette absence de pathos, l’histoire m’a complètement capturée d’un point de vue émotionnel.

DC : C’est aussi ce qui m’a énormément plu dans le roman. Sara vit des choses épouvantables mais elle n’est pas une victime, elle sa bat, notamment grâce à la peinture.

 

Aïssa, comment vous êtes-vous préparée à incarner ce personnage ?

AM : J’ai d’abord longuement discuté avec Anne-Claire Onillon, une peintre qui a réalisé les tableaux créés par Sara dans le film. Elle m’a beaucoup aidée à comprendre la nécessité de peindre, comment cela peut amener de l’harmonie, du calme, une sensation d’être en dehors du monde, alors qu’autour, c’est le chaos. J’ai aussi rencontré Mélissa, une ancienne prostituée, qui joue un petit rôle dans le film. C’est une femme qui a beaucoup de recul par rapport à ce qu’elle a vécu et cela m’a donné des outils concrets pour aborder le rôle. Je voulais que mon personnage sonne juste et que l’incarnation de Sara soit la plus proche de la réalité, de ce que vivent ces femmes.

 

La musique qui accompagne votre film prend une place très importante…

DC : J’avais lu que Jean-Michel Basquiat, le héros de Sara dans le film, peignait en écoutant du jazz. Je voulais donc que la musique soit très présente et fasse écho au monde de la peinture. J’ai demandé à Béatrice Thiriet de la composer. Elle s’est inspirée de thèmes joués par de grands musiciens de jazz pour improviser de la musique contemporaine.

 

 

 

 

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